Arnaque au faux conseiller bancaire : 8 signes pour la reconnaître et réagir
Table des matières
Votre téléphone sonne.
La personne au bout du fil se présente comme votre conseiller bancaire ou comme un membre du service de sécurité de votre banque.
Elle connaît votre nom. Peut-être même votre banque, une partie de votre numéro de carte ou certaines opérations récentes.
Puis elle vous annonce une mauvaise nouvelle :
« Une opération suspecte vient d’être détectée sur votre compte. »
Et là, tout s’accélère.
Il faudrait agir immédiatement, confirmer une information, donner un code reçu par SMS ou valider une opération dans votre application bancaire.
C’est précisément à ce moment-là qu’il faut… ne rien faire dans la précipitation.
Les arnaques au faux conseiller bancaire sont particulièrement efficaces parce qu’elles utilisent trois choses très puissantes : la peur de perdre son argent, la confiance que nous accordons à notre banque et l’urgence.
Pourtant, quelques réflexes simples permettent d’éviter la majorité des pièges.
Dans cet article, nous allons voir comment fonctionne cette arnaque, quels signes doivent vous alerter et surtout quoi faire si vous avez un doute ou si vous avez déjà communiqué des informations.
Qu’est-ce qu’une arnaque au faux conseiller bancaire ?
Le principe est relativement simple.
Un escroc vous contacte en se faisant passer pour votre banque, votre conseiller habituel ou le service chargé de lutter contre la fraude.
Son objectif est de vous convaincre de lui communiquer des informations confidentielles ou de vous faire réaliser vous-même une opération qui permettra de voler votre argent.
Il peut notamment chercher à obtenir :
- votre identifiant bancaire ;
- votre mot de passe ;
- un code reçu par SMS ;
- un code de validation ;
- le numéro complet de votre carte bancaire ;
- son cryptogramme ;
- l’autorisation d’une opération dans votre application bancaire ;
- l’accès à distance à votre ordinateur ou à votre smartphone ;
- ou encore un virement vers un prétendu « compte sécurisé ».
Le piège peut être extrêmement crédible.
Les fraudeurs disposent parfois déjà de nombreuses informations personnelles sur vous, récupérées lors d’une fuite de données, d’un précédent hameçonnage ou grâce aux informations disponibles sur Internet.
Cybermalveillance.gouv.fr rappelle également que les escrocs peuvent aller jusqu’à usurper le numéro de téléphone d’une banque afin de rendre leur appel plus crédible.
Comment se déroule généralement l’arnaque ?
1. Un premier contact inquiétant
Tout commence souvent par un appel, un SMS ou un e-mail inattendu.
Le message ressemble par exemple à ceci :
« Une opération de 487,90 € vient d’être effectuée avec votre carte. Si vous n’êtes pas à l’origine de cette transaction, contactez immédiatement notre service de sécurité. »
Votre premier réflexe est évidemment de vous inquiéter.
C’est exactement ce que recherche l’escroc.
Il veut vous pousser à agir avant que vous ayez le temps de réfléchir.
2. Le faux conseiller vous rassure
Si vous répondez ou rappelez le numéro indiqué, une personne très professionnelle peut vous répondre.
Elle connaît parfois votre nom, votre adresse ou le nom de votre banque.
Elle peut même disposer de quelques informations concernant votre carte ou votre compte.
Tout cela donne une impression de légitimité.
Le fraudeur peut également utiliser du vocabulaire bancaire, vous fournir un numéro de dossier ou prétendre transférer votre appel vers un « responsable du service fraude ».
Le but est simple : vous mettre suffisamment en confiance pour que la demande suivante vous semble normale.
3. Il vous demande d’agir rapidement
C’est généralement là que le piège se referme.
Le faux conseiller peut vous demander :
« Vous allez recevoir un code par SMS. Donnez-le-moi afin que je puisse annuler l’opération. »
Ou :
« Une demande va apparaître dans votre application. Validez-la pour bloquer le paiement. »
Ou encore :
« Nous devons déplacer temporairement votre argent vers un compte sécurisé. »
Dans la réalité, vous ne bloquez rien.
Vous êtes parfois en train de valider vous-même une opération réalisée par l’escroc.
C’est une différence très importante.
Une validation dans votre application bancaire sert normalement à autoriser une action. Elle ne doit donc jamais être effectuée simplement parce qu’un inconnu au téléphone vous le demande.
Les différentes formes de faux conseiller bancaire
L’arnaque ne passe pas uniquement par téléphone.
L’appel téléphonique : le « vishing »
Le terme « vishing » vient de la contraction de « voice » et « phishing ».
L’escroc téléphone directement et prétend travailler pour votre banque.
Cette technique est particulièrement efficace parce que la discussion se déroule en temps réel.
Si vous posez une question, le fraudeur peut immédiatement adapter son discours.
Il peut également vous empêcher de prendre du recul en continuant constamment à parler.
Le SMS frauduleux : le « smishing »
Vous recevez par exemple :
« Votre carte bancaire a été bloquée. Cliquez ici pour sécuriser votre compte. »
Ou :
« Paiement de 629,90 € en attente. Si vous n’êtes pas à l’origine de cette opération, appelez immédiatement le 06… »
Le message cherche à déclencher une réaction immédiate.
Le lien peut conduire vers une fausse page ressemblant parfaitement au site de votre banque.
Le numéro indiqué peut également conduire directement vers un faux service d’opposition.
Ne cliquez pas sur le lien et n’appelez pas le numéro indiqué dans le message.
Ouvrez plutôt vous-même l’application officielle de votre banque.
L’e-mail de phishing
Le principe est identique.
Le message utilise le logo et les couleurs de votre banque et vous demande généralement de :
- confirmer votre identité ;
- mettre à jour vos informations ;
- débloquer votre compte ;
- vérifier une opération ;
- ou changer votre mot de passe.
Un bouton vous conduit ensuite vers un faux site.
La page peut être presque impossible à distinguer visuellement du véritable site.
C’est pourquoi il vaut mieux ne pas essayer de décider si la page « a l’air vraie ».
N’utilisez simplement pas le lien.
Accédez à votre banque par votre application habituelle ou saisissez vous-même son adresse dans votre navigateur.
Le faux coursier bancaire
Il existe également une variante particulièrement trompeuse.
Le faux conseiller vous explique que votre carte est compromise et qu’un employé va venir la récupérer à votre domicile.
Il peut même vous demander de couper la carte en deux avant de la remettre au coursier.
Cela semble rassurant.
Pourtant, une banque ne vous envoie pas un coursier pour récupérer votre carte bancaire dans ces conditions.
La prise de contrôle à distance de l’ordinateur
Autre scénario :
« Nous avons détecté un problème de sécurité. Je vais vous aider à vérifier votre compte. »
Le faux conseiller vous demande alors d’installer un logiciel permettant de contrôler votre ordinateur à distance.
À partir de ce moment-là, l’escroc peut potentiellement voir ce qui s’affiche sur votre écran et vous guider dans votre espace bancaire.
N’installez jamais un logiciel de contrôle à distance à la demande d’une personne qui vous appelle spontanément.
Les 8 signes qui doivent vous alerter
1. On vous met sous pression
« Il faut agir immédiatement. »
« Votre compte sera bloqué dans dix minutes. »
« Nous devons intervenir avant que l’argent ne parte. »
L’urgence est l’une des armes préférées des escrocs.
Elle vous empêche de prendre le temps de vérifier.
2. On vous demande un code reçu par SMS
C’est un énorme signal d’alerte.
Un code de confirmation est destiné à vous.
Il ne doit pas être communiqué au téléphone.
Même à quelqu’un qui semble connaître votre dossier.
3. On vous demande votre mot de passe
Votre conseiller bancaire n’a pas besoin de votre mot de passe permettant d’accéder à votre espace personnel.
Il n’a pas non plus besoin de connaître le code secret de votre carte bancaire.
4. On vous demande de valider une opération
Vous entendez parfois :
« Validez l’opération dans votre application pour que je puisse l’annuler. »
C’est incohérent.
Une validation sert justement à autoriser une opération.
5. On vous parle d’un « compte sécurisé »
Votre banque ne vous demandera pas de transférer votre argent vers un autre compte pour le protéger.
Le « compte sécurisé » ou « compte de sauvegarde » est un classique des arnaques.
6. On refuse que vous raccrochiez
Vous dites :
« Je vais raccrocher et appeler ma banque moi-même. »
Et votre interlocuteur essaie immédiatement de vous en empêcher :
« Non surtout pas ! Vous allez bloquer la procédure ! »
C’est un excellent signal pour mettre fin immédiatement à la conversation.
Un véritable conseiller bancaire ne devrait pas s’opposer à ce que vous vérifiiez son identité par les canaux officiels.
7. Le numéro affiché semble pourtant être celui de votre banque
C’est justement ce qui rend ces fraudes difficiles à repérer.
Le numéro affiché sur votre téléphone ne constitue pas une preuve suffisante.
Des techniques d’usurpation du numéro d’appel, appelées « spoofing », permettent à des fraudeurs de faire apparaître un numéro qui semble légitime.
Il ne faut donc jamais se dire :
« C’est bien le numéro de ma banque, donc c’est forcément elle. »
8. La personne connaît beaucoup de choses sur vous
C’est impressionnant, mais cela ne prouve rien.
Une fuite de données peut permettre à un escroc de connaître :
- votre nom ;
- votre numéro de téléphone ;
- votre adresse ;
- votre adresse e-mail ;
- votre banque ;
- parfois même certaines informations financières.
Ces informations sont ensuite utilisées pour rendre l’histoire crédible.
Et les fautes d’orthographe dans les messages ?
Pendant longtemps, un e-mail rempli de fautes était un bon indice permettant de détecter une arnaque.
Ce conseil reste valable.
Mais il ne suffit plus.
Avec les outils d’intelligence artificielle, un escroc peut aujourd’hui rédiger en quelques secondes un message parfaitement écrit en français.
Un message sans faute n’est donc absolument pas une garantie d’authenticité.
Il faut surtout regarder ce que le message vous demande de faire.
L’intelligence artificielle rend-elle ces arnaques plus dangereuses ?
Oui, car elle facilite considérablement le travail des fraudeurs.
L’intelligence artificielle peut notamment être utilisée pour :
- rédiger des messages beaucoup plus crédibles ;
- personnaliser des tentatives de phishing ;
- adapter automatiquement un discours aux réponses de la victime ;
- imiter certaines voix ;
- créer de faux contenus audio ou vidéo.
On peut donc recevoir un appel avec une voix particulièrement crédible, voire ressemblant à celle d’une personne connue.
La règle ne change pas :
une voix familière, un numéro connu ou une vidéo crédible ne remplacent jamais une vérification indépendante.
Comment vérifier qu’un conseiller bancaire est bien réel ?
La méthode la plus simple est aussi la plus efficace.
Raccrochez et contactez vous-même votre banque.
N’utilisez pas le numéro donné par la personne au téléphone.
N’utilisez pas non plus celui présent dans un SMS suspect.
Utilisez plutôt :
- le numéro figurant au dos de votre carte bancaire ;
- le numéro habituel de votre agence ;
- la messagerie sécurisée de votre application bancaire ;
- ou le numéro indiqué sur le site officiel que vous avez ouvert vous-même.
Cette simple habitude suffit à casser le scénario imaginé par l’escroc.
Une règle très simple à retenir
Si votre banque vous appelle pour vous annoncer une fraude, vous n’avez pas besoin de résoudre le problème pendant cet appel.
Vous pouvez toujours répondre :
« Merci. Je vais raccrocher et contacter ma banque moi-même. »
Puis raccrocher.
Vous ne risquez rien à prendre quelques minutes pour vérifier.
En revanche, prendre une décision précipitée peut coûter très cher.
Que faire si vous avez reçu un appel suspect mais n’avez rien communiqué ?
Bonne nouvelle : si vous avez simplement répondu et raccroché sans transmettre d’informations ni valider d’opération, il n’y a généralement pas de raison de paniquer.
Vous pouvez cependant :
- vérifier votre compte depuis votre application bancaire ;
- surveiller les opérations récentes ;
- contacter votre banque par votre canal habituel pour lui signaler la tentative ;
- conserver le SMS, l’e-mail ou le numéro utilisé ;
- bloquer le numéro si nécessaire.
Si tout est normal, vous pouvez souffler.
Le principal est de rester attentif dans les jours suivants, car une première tentative peut parfois être suivie d’un autre message ou appel.
J’ai donné un code ou validé une opération : que faire ?
Cette fois, il faut agir rapidement.
Mais là encore : pas de panique.
Procédez dans l’ordre.
1. Contactez immédiatement votre banque
Utilisez exclusivement un numéro officiel.
Expliquez clairement ce qui s’est passé :
« J’ai été contacté par une personne se faisant passer pour votre service de sécurité et j’ai communiqué un code / validé une opération. »
Demandez à votre banque quelles mesures doivent être prises immédiatement.
2. Faites opposition à votre carte si nécessaire
Si les informations de votre carte bancaire ont pu être compromises, votre banque pourra vous indiquer s’il faut procéder à une opposition et commander une nouvelle carte.
3. Changez le mot de passe de votre banque en ligne
Si vous avez communiqué votre mot de passe ou si vous pensez que quelqu’un a pu accéder à votre compte, changez-le immédiatement.
Choisissez un mot de passe différent de ceux utilisés sur vos autres services.
4. Sécurisez également votre messagerie
Votre adresse e-mail est particulièrement importante.
Une personne ayant accès à votre boîte mail peut parfois demander la réinitialisation des mots de passe de nombreux services.
Utilisez donc un mot de passe unique et activez la double authentification si votre messagerie la propose.
5. Vérifiez les opérations bancaires
Regardez attentivement :
- les paiements par carte ;
- les virements ;
- les nouveaux bénéficiaires ;
- les prélèvements ;
- les opérations en attente.
Signalez immédiatement à votre banque tout mouvement que vous ne reconnaissez pas.
6. Si vous avez installé un logiciel à la demande de l’escroc
Déconnectez l’appareil d’Internet si vous pensez qu’une personne le contrôle encore.
Désinstallez ensuite le logiciel de prise en main à distance qui vous a été demandé.
Effectuez les mises à jour de sécurité de l’ordinateur ou du smartphone et lancez une analyse avec la solution de sécurité de votre appareil.
En cas de doute, changez vos mots de passe depuis un autre appareil considéré comme sûr.
7. Conservez toutes les preuves
Ne supprimez pas immédiatement :
- les SMS ;
- les e-mails ;
- les captures d’écran ;
- les numéros de téléphone ;
- les horaires des appels ;
- les références bancaires ;
- les noms utilisés par l’escroc.
Ces éléments pourront être utiles à votre banque et aux autorités.
Où signaler une arnaque au faux conseiller bancaire en France ?
Plusieurs dispositifs officiels existent.
En cas de fraude bancaire, commencez toujours par prévenir votre banque.
Vous pouvez ensuite déposer plainte auprès d’un commissariat ou d’une gendarmerie.
Si votre carte bancaire a été utilisée frauduleusement alors qu’elle est toujours en votre possession, la plateforme Perceval peut également être utilisée dans certaines situations après avoir fait opposition.
Le dispositif public 17Cyber permet également d’obtenir de l’aide et des recommandations adaptées en cas de problème de cybersécurité.
La banque doit-elle rembourser une fraude ?
C’est une question importante, mais il faut éviter les réponses trop simplistes.
Le fait d’avoir validé une opération avec une authentification forte ne signifie pas automatiquement que vous avez consciemment autorisé la fraude.
Les circonstances précises de l’arnaque, les opérations réalisées et les mesures de sécurité utilisées peuvent avoir une importance dans l’analyse du dossier.
Chaque situation reste donc particulière.
Le plus important est de prévenir sa banque immédiatement et de contester sans attendre les opérations que l’on n’a pas autorisées.
Les bons réflexes pour éviter l’arnaque
Utilisez des mots de passe différents
Évitez d’utiliser le même mot de passe pour votre banque, votre messagerie, Facebook, Amazon ou d’autres services.
Si un site est piraté, les fraudeurs testent parfois les mêmes identifiants sur d’autres plateformes.
Un gestionnaire de mots de passe peut grandement faciliter cette organisation.
Activez la double authentification
Lorsqu’elle est disponible, activez une deuxième méthode de vérification pour vos comptes importants.
Cela ajoute une protection supplémentaire si votre mot de passe est découvert.
Mais attention :
un code de double authentification reste secret.
Ne le communiquez jamais à quelqu’un qui vous le demande par téléphone.
Gardez vos appareils à jour
Les mises à jour de Windows, macOS, Android, iOS et de vos applications ne servent pas uniquement à ajouter de nouvelles fonctions.
Elles corrigent également des failles de sécurité.
Éviter de reporter indéfiniment ces mises à jour est donc une bonne habitude.
Vérifiez régulièrement votre compte bancaire
Il vaut mieux repérer une opération suspecte rapidement que plusieurs semaines plus tard.
Une vérification régulière depuis l’application de votre banque suffit.
Vous pouvez également activer les notifications lors des paiements si votre établissement propose cette fonction.
Faut-il utiliser un VPN pour consulter sa banque sur un Wi-Fi public ?
La réalité est un peu plus nuancée qu’on pourrait le penser.
Aujourd’hui, l’application de votre banque et son site Internet utilisent normalement une connexion HTTPS chiffrée, ce qui protège déjà les données échangées.
Un VPN peut ajouter une couche de confidentialité, mais ce n’est pas lui qui vous protège principalement contre un faux conseiller bancaire ou un faux site.
Le meilleur réflexe reste plutôt :
si vous devez réaliser une opération bancaire importante, utilisez votre application bancaire sur un appareil à jour et, lorsque c’est possible, préférez votre connexion mobile ou un réseau que vous connaissez.
Les réseaux sociaux peuvent aider les escrocs
Un détail publié sur Internet paraît parfois sans importance.
Pourtant, plusieurs petits détails peuvent être assemblés.
Votre lieu de travail, votre date d’anniversaire, le prénom de vos proches, votre voyage récent ou même une photo prise devant une agence bancaire peuvent aider quelqu’un à construire une histoire crédible.
Il n’est évidemment pas nécessaire de disparaître des réseaux sociaux.
Mais évitez de publier publiquement des informations qui pourraient servir à confirmer votre identité ou répondre à des questions de sécurité.
Les arnaques peuvent toucher tout le monde
Il serait tentant de croire que seules les personnes âgées ou peu à l’aise avec l’informatique se font piéger.
C’est faux.
Une arnaque bien préparée peut tromper quelqu’un de très à l’aise avec la technologie.
Le moment joue énormément.
Un appel reçu alors que vous êtes fatigué, au travail, dans les transports ou déjà inquiet à cause d’un problème financier peut suffire à diminuer votre vigilance.
La meilleure protection n’est donc pas de se dire :
« Moi, je ne me ferai jamais avoir. »
C’est d’avoir une procédure automatique :
appel inattendu + problème bancaire urgent = je raccroche et je rappelle moi-même ma banque.
Le réflexe à transmettre à toute la famille
Voici une règle que l’on peut facilement expliquer à ses parents, ses enfants ou ses proches.
Ma banque m’appelle et me demande de faire quelque chose avec mon argent ?
- Je ne donne aucun code.
- Je ne valide aucune opération.
- Je ne fais aucun virement.
- Je raccroche.
- J’ouvre moi-même mon application bancaire ou j’appelle ma banque avec un numéro que je connais déjà.
C’est tout.
Pas besoin de comprendre le phishing, le vishing, le spoofing ou les techniques de piratage.
Cette règle fonctionne dans presque toutes les situations.
Que retenir ?
Les arnaques au faux conseiller bancaire sont devenues particulièrement convaincantes.
Le fraudeur peut connaître votre nom.
Il peut connaître votre banque.
Il peut utiliser un vocabulaire très professionnel.
Il peut même faire apparaître un numéro de téléphone qui ressemble à celui de votre banque.
Et l’intelligence artificielle peut rendre sa voix ou ses messages encore plus crédibles.
Mais il existe une faille dans presque toutes ces arnaques :
l’escroc a besoin que vous agissiez.
Il a besoin que vous donniez un code, que vous cliquiez sur un lien, que vous validiez une opération ou que vous effectuiez un virement.
Si vous ne faites rien et que vous prenez le temps de contacter votre banque vous-même, le piège s’effondre.
Alors retenez surtout ceci :
Votre téléphone sonne. On vous parle d’un problème bancaire urgent. Vous avez un doute ? Raccrochez.
Puis contactez vous-même votre banque.
Ce petit réflexe peut vous éviter de très gros problèmes.
Et surtout, ne vous sentez jamais gêné de vérifier.
En informatique comme ailleurs, prendre quelques minutes pour être sûr est rarement du temps perdu.
FAQ – Arnaque au faux conseiller bancaire
Le numéro affiché sur votre téléphone ne suffit pas à prouver que l’appel vient réellement de votre banque. Des fraudeurs peuvent usurper un numéro officiel grâce à une technique appelée « spoofing ». En cas de doute, raccrochez et contactez vous-même votre banque avec le numéro figurant au dos de votre carte, dans votre application bancaire ou sur son site officiel.
Non. Un code reçu par SMS ou généré dans votre application bancaire est personnel et confidentiel. Il sert généralement à confirmer une connexion ou une opération. Ne le communiquez jamais à une personne qui vous appelle, même si elle affirme travailler pour votre banque.
C’est un signal d’alerte important. Une validation dans votre application bancaire sert normalement à autoriser une opération. Si quelqu’un vous demande de valider un paiement ou un virement sous prétexte de l’annuler, raccrochez et contactez directement votre banque.
Non. Le prétendu « compte sécurisé », « compte de sauvegarde » ou « compte temporaire » est une technique couramment utilisée dans les arnaques au faux conseiller bancaire. Ne transférez jamais votre argent vers un autre compte à la demande d’une personne qui vous contacte par téléphone.
Si vous n’avez communiqué aucune information, installé aucun logiciel et validé aucune opération, il n’y a généralement pas de raison de paniquer. Vérifiez simplement vos dernières opérations bancaires et, si vous avez un doute, contactez votre banque par un canal officiel.
Contactez immédiatement votre banque en utilisant un numéro officiel. Expliquez précisément ce qui s’est passé et demandez les mesures à prendre. Vérifiez ensuite vos opérations, changez vos mots de passe si nécessaire et conservez les SMS, e-mails, numéros de téléphone et captures d’écran pouvant servir de preuves.
Si vous pensez qu’un fraudeur peut encore contrôler votre appareil, déconnectez-le d’Internet. Désinstallez le logiciel de prise en main à distance, effectuez les mises à jour de sécurité et lancez une analyse de l’appareil. Changez vos mots de passe depuis un autre appareil considéré comme sûr.
Elles peuvent constituer un indice, mais ce n’est plus suffisant. Grâce aux outils d’intelligence artificielle, les fraudeurs peuvent aujourd’hui rédiger des messages très crédibles et sans fautes. Il faut surtout se méfier des demandes urgentes de codes, de validation, de paiement ou de transmission d’informations confidentielles.
Oui. Certaines informations personnelles peuvent provenir de fuites de données, de précédentes tentatives de phishing ou d’informations publiées sur Internet. Le fait qu’une personne connaisse votre nom, votre adresse ou votre banque ne prouve donc pas son identité.
Le plus simple est de retenir cette règle : ne donnez aucun code, ne validez aucune opération, raccrochez et contactez vous-même votre banque par un canal officiel. Quelques minutes de vérification peuvent éviter de très gros problèmes.
Le mot de Sébastien
Conclusion : le bon réflexe peut vraiment tout changer
Si j’ai voulu écrire cet article, c’est surtout parce que ces arnaques deviennent de plus en plus crédibles.
Aujourd’hui, un escroc peut connaître votre nom, votre banque, certaines informations personnelles et même parfois faire apparaître un numéro qui semble parfaitement légitime. Et avec l’intelligence artificielle, les messages et les appels risquent encore de devenir plus convaincants.
Mais malgré toute cette sophistication, il reste une chose très simple à faire.
Prendre quelques secondes pour ne rien faire.
Ne pas donner de code.
Ne pas valider une opération.
Ne pas cliquer sur un lien.
Et surtout, raccrocher pour contacter soi-même sa banque avec un numéro officiel.
C’est vraiment le réflexe que j’aimerais que vous reteniez.
Je le dis souvent sur Informatique Sans Stress : on n’a pas besoin d’être expert en informatique pour bien se protéger. Il suffit parfois de connaître quelques règles simples et de les appliquer au bon moment.
Et si vous vous êtes déjà fait piéger, ou si vous avez cliqué trop vite, ne restez pas seul avec le problème. Contactez rapidement votre banque, sécurisez vos comptes et demandez de l’aide si nécessaire.
Le plus important, ce n’est pas de tout savoir.
C’est de savoir quand s’arrêter, vérifier et reprendre la main.
C’est exactement l’objectif de ce blog : vous aider à utiliser le numérique plus sereinement, sans jargon compliqué et sans stress inutile.
Et vous, avez-vous déjà reçu un appel, un SMS ou un e-mail suspect se faisant passer pour votre banque ?
N’hésitez pas à raconter votre expérience dans les commentaires. Votre témoignage pourra peut-être aider d’autres lecteurs à reconnaître plus facilement ce type d’arnaque.
À bientôt sur Informatique Sans Stress,
Sébastien






